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Chronique

Les Jeux olympiques de 1976 à Sherbrooke : entretien avec André Lachance

21 juillet 2026

Dans le cadre du 50e anniversaire de cet événement majeur, nous nous sommes entretenus avec lui :

Mhist : Comment la ville de Sherbrooke a-t-elle été choisie pour accueillir les jeux?

A.L. : Ce dossier a été monté notamment par monsieur Roger Frot – alors professeur au Cégep de Sherbrooke et acteur important dans le développement du soccer à Sherbrooke – et présenté à la ville de Sherbrooke en 1970. À cette époque, j’étais directeur du Centre culturel de l’Université de Sherbrooke. Ce n’est qu’en 1975, soit une quinzaine de mois avant les Jeux, que j’ai été invité à prendre le poste de directeur de l’Unité d’opération Sherbrooke (UNOP Sherbrooke) avec le mandat de mener le projet à bon port.

Mhist : En quelques mots, quel a été votre rôle au sein de l’organisation locale des Olympiques en 1976 ?

A.L. : En 1970, le Comité International Olympique (C.I.O.) choisit Montréal pour l’organisation des Jeux de 1976. L’Association olympique canadienne crée, en 1972, le Comité organisateur des Jeux olympiques (COJO) de Montréal.

Les Jeux de Montréal ont ceci de particulier qu’ils furent tenus sur plus de 20 sites différents situés dans 9 villes du Québec, dont Sherbrooke – seule ville en dehors de Montréal à accueillir des matchs dans 2 disciplines sportives différentes (le soccer et le handball) ainsi que dans 3 villes de l’Ontario.

Jusqu’en 1975, les opérations du COJO étaient centralisées à Montréal. À l’automne 1975, environ 10 mois avant les Jeux, le Comité organisateur adopte une gestion décentralisée en créant une quinzaine d’Unités d’opération (UNOP), chargées de :

« … coordonner les ressources humaines et physiques nécessaires aux lieux de compétition ou d’entraînement, selon les exigences du CIO, des Fédérations internationales et du COJO, durant les phases de préparation, d’aménagement, d’exploitation et de démantèlement. »

Mhist : Selon vous, qu’ont représenté les Olympiques pour Sherbrooke, à l’époque?

A.L. : D’abord, disons que les Jeux Olympiques de 1976 soient octroyés à la ville de Montréal était un événement à nul autre pareil. Quoiqu’on en dise, quoiqu’on en pense, que la ville de Sherbrooke obtienne le statut de ville olympique dans le cadre de cet événement d’envergure planétaire était exceptionnel et l’est toujours en 2026 !

Grâce à l’audace et à la détermination des personnes qui ont portés le projet ainsi que des dirigeants de notre ville qui l’ont soumis et défendu auprès du COJO, Sherbrooke fait maintenant partie de l’histoire de l’olympisme. Ce faisant, Sherbrooke a connu au milieu des années soixante-dix une notoriété internationale.

L’industrie touristique locale et régionale a connu une période effervescente en accueillant une clientèle nombreuse et diversifiée venue des quatre coins du monde. Par la suite, cela a incité Sherbrooke à poser sa candidature pour accueillir des compétitions sportives de niveau provincial, national et mondial (Jeux du Québec, Jeux du Canada, Championnat mondial junior d’athlétisme, etc.).

Les Jeux auront également permis à la ville de Sherbrooke de bénéficier d’une aide financière substantielle du COJO pour se doter d’un terrain de soccer répondant aux exigences de la FIFA afin d’accueillir 4 matchs (3 de huitième de finale et 1 de quart de finale) de cette discipline ainsi que pour rénover et mettre à niveau les installations et certains équipements du Palais des sports pour permettre la présentation de 11 matchs de handball (femmes et hommes) et d’applaudir les performances de l’URSS (H) qui a remporté la médaille d’or.

L’UNOP Sherbrooke a en plus embauché de la main-d’œuvre locale et fait appel à des fournisseurs de services de la région.

Mhist : Y a-t-il eu des enjeux ou des difficultés marquantes dans l’organisation ?

A.L. : Grâce à un personnel engagé et dévoué ainsi qu’au travail détaillé de planification et de préparation fait en amont (incluant des jours de répétition général) aucun événement majeur n’est venu perturber le déroulement des opérations de l’UNOP Sherbrooke durant les deux semaines des Jeux.

Cependant, environ 3 semaines avant le début des compétitions, la FIFA a refusé d’homologuer le terrain de soccer construit spécifiquement pour cette discipline, celle-ci a même exigé que la surface (gazon et système de gicleurs) soit refaite à neuf. Cette responsabilité incombait à la ville de Sherbrooke qui a dû reprendre les travaux et les réaliser en un temps record sinon la FIFA menaçait d’annuler les matchs locaux. Finalement et après des négociations, tenues dans un climat très tendu, la ville de Sherbrooke a rencontré les exigences de la FIFA qui a émis un certificat d’homologation 4 jours seulement avant la première rencontre au programme.

Mhist : Quel est votre souvenir le plus marquant de cet évènement ?

A.L. : Tout d’abord ma grande surprise fut de me voir offrir et confier cette responsabilité moi qui à cette époque était en immersion totale dans le monde de la culture en tant que directeur du Centre culturel de l’Université de Sherbrooke. J’ai pu, grâce à une entente particulière intervenue entre le COJO et l’université, continuer à assumer simultanément les deux fonctions. Ce fut une période effervescente et une expérience unique dans mon parcours professionnel. Je considère comme un privilège d’avoir pu contribuer ainsi au rayonnement de ma ville sur la scène internationale.

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