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Chronique

L’âme sportive et olympique de Sherbrooke !

18 février 2026

Dès la fin du XIXᵉ siècle, Sherbrooke vit l’hiver comme une fête. En 1886 et 1888, des carnavals d’hiver animent la ville, tandis que les clubs de raquetteurs rassemblent une population avide d’activités physiques et sociales. Ces rassemblements ne sont pas de simples divertissements : ils structurent une culture sportive durable, qui traverse le XXᵉ siècle et façonne l’identité locale.

Un exemple : le patinage artistique

Cette culture trouve un écho spectaculaire dans le patinage artistique. Le carnaval de patinage de 1942 marque un moment clé. Plusieurs patineurs sherbrookois attirent alors l’attention internationale. Dick Nutter rejoint les Ice Folies de New York, tandis que Thérèse Steben et Fernande Labonté sont sélectionnées pour les célèbres Ice Capades. Quelques années plus tard, en 1949, Jean-René Lemieux intègre la troupe Holiday on Ice. À travers eux, Sherbrooke s’inscrit sur la carte mondiale du patinage artistique, discipline à la fois sportive et artistique.

Cette reconnaissance ne s’essouffle pas. La ville accueille le Championnat de patinage artistique de l’Est du Canada en 1993, puis les Championnats de patinage synchronisé en 1996 et 1997. Ces événements confirment la place centrale de Sherbrooke dans le monde du patinage, tout en renforçant un héritage déjà bien ancré.

Des épreuves de hauts niveaux

Même si Sherbrooke n’a jamais accueilli les Jeux olympiques d’hiver, elle a bel et bien goûté à l’effervescence olympique. En 1976, lors des Jeux de Montréal, la ville devient un site officiel en recevant des compétitions de soccer et de handball. L’Unité d’opération olympique de Sherbrooke se distingue par son sérieux : elle est la seule à tenir quatre répétitions générales afin d’être parfaitement prête. Résultat : près de 30 000 spectateurs prennent place dans les estrades, faisant de ces compétitions un véritable succès populaire. Aujourd’hui encore, une plaque commémorative au Palais des sports Léopold-Drolet rappelle ce chapitre marquant de l’histoire locale.

Témoignage de la capacité locale d’être le point de ralliement de talents mondiaux, à l’été 2003, la piste de course de l’Université de Sherbrooke est foulée par « un spectaculaire sprinter de 16 ans »… un athlète déjà de classe mondiale : nul autre que le jeune Usain Bolt ! Fort des records déjà battus aux Championnats des écoles secondaires de Kingston, en Jamaïque, Bolt participe, ici, aux Mondiaux Jeunesse.

La Tribune, 3 juillet 1976, p. 2.
La Tribune, 3 juillet 1976, p. 2.

L’expertise organisationnelle de Sherbrooke se confirme encore en à l’été 2013 alors que la ville accueille les Jeux du Canada, un événement colossal comptant 271 épreuves réparties sur 19 sports. L’impact est durable, tant sur le plan économique que sportif. En 2024, Sherbrooke est de nouveau à l’honneur en devenant l’hôte de la 58ᵉ finale des Jeux du Québec d’hiver, rassemblant des milliers de jeunes athlètes et perpétuant la tradition de grands rassemblements sportifs.

Cette vitalité repose aussi sur des infrastructures emblématiques. Le lac des Nations, par exemple, est depuis longtemps un lieu central de compétitions. Dans les années 1960, il accueille notamment des épreuves de ski nautique, témoignant de la vocation sportive du site bien avant son aménagement contemporain.

Pépinières d’athlètes !

Mais l’âme olympique de Sherbrooke se lit surtout dans les parcours de ses athlètes. Évidemment, Kim Boutin, Marion Thénault, Ann-Sophie Bachand, Jordan Pierre-Gilles, Félix Roussel et Antoine Gélinas-Beaulieu occupent l’actualité des Jeux de Milan. De Jean-Marc Rozon et Sylvie Daigle à Sarah Vaillancourt, en passant par Annie Martin, Pascal Plamondon, Lloyd Langlois, Jules Burnotte et les sœurs Perreault, la ville et sa région ont vu émerger de nombreux Olympiens, dans des disciplines variées.

La Tribune, 29 juin 1976, p. 3.
La Tribune, 29 juin 1976, p. 3.

Le mouvement paralympique n’est pas en reste. Éric Bourgault et Nicole Clermont brillent en paracyclisme, Jean-Philippe Maranda, Colin Mathieson et la quintuple médaillée Diane Roy marquent l’athlétisme à leur façon. Leurs parcours témoignent d’un engagement inclusif et d’une excellence sportive reconnue.

Avec la création du Panthéon des sports en 2013, Sherbrooke choisit de célébrer durablement ses athlètes et ses bâtisseurs. Des carnavals d’hiver du XIXᵉ siècle aux Jeux olympiques et paralympiques, la ville prouve qu’ici, le sport n’est pas seulement une performance : c’est une histoire collective, vivante et résolument tournée vers l’humain.

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