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Chronique

Un zoo au parc Victoria

18 juillet 2025

La Tribune, 4 juillet 1958

Croyez-le ou non, il y a bel et bien eu un zoo au parc Victoria ! Et pas juste un petit enclos avec trois chèvres — non, un vrai zoo, avec des ours, des singes, des paons et même, tenez-vous bien, un ours polaire. De 1949 à 1979, Sherbrooke a donc son propre jardin zoologique, niché en plein cœur du parc.

Tout commence en avril 1947, quand l’ingénieur municipal Jean-Charles Côté propose à la Ville un plan audacieux : construire un zoo avec un gardien permanent et un budget initial de 7 000 $. Le projet voit le jour deux ans plus tard, et dès 1952, une vingtaine d’espèces y cohabitent, du

La Tribune, 24 juillet 1958

chevreuil au coyote, en passant par des singes exotiques. Des cages chauffées sont même installées au-dessus du stade de baseball pour affronter les rudes hivers québécois.

Le zoo de Sherbrooke est l’endroit idéal pour les amateurs d’animaux et les curieux de nature. Mieux encore : l’entrée est gratuite !

Mais tout n’est pas calme derrière les barreaux. L’un des moments les plus inusités survient en juillet 1957, quand deux journalistes testent la sécurité du zoo… en pleine nuit. Résultat : ils passent 90 minutes sur les lieux sans croiser âme qui vive ! Le lendemain, La Tribune titre : « Les animaux du zoo de Sherbrooke « libérés » ». On vous laisse imaginer l’ambiance à l’hôtel de ville…

La presse, 20 novembre 1959, p. 20

Malgré les critiques, le zoo poursuit sa croissance. En 1954, il compte 110 animaux, et atteint un pic de plus de 200 en 1971. Mais les coûts montent eux aussi : 13 000 $ par an pour faire fonctionner le tout. Au début des années 70, des étudiants du Cégep de Sherbrooke proposent une nouvelle approche : délaisser les espèces exotiques et miser sur la faune locale. Hélas, cela ne suffit pas. En juin 1979, le zoo ferme définitivement. Les derniers pensionnaires sont vendus ou transférés (notamment au Zoo de Granby).

Aujourd’hui, il ne reste que des souvenirs, certaines bases des enclos… et peut-être, si vous tendez l’oreille au détour d’un sentier du parc, un lointain grondement d’ours polaire.

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