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Chronique

150 ans d’histoire urbaine : vive les vacances!

11 juillet 2020

Le concept de vacances – surtout pour l’ensemble des travailleurs – est récent, il date d’à peine quelques décennies. Par contre, pour les classes aisées, déjà au 19e siècle, l’arrivée du temps chaud annonce une période propice pour quitter la pollution et la chaleur étouffante de la ville et trouver un havre de paix à la campagne, idéalement au bord de l’eau.

Dans la région sherbrookoise, le petit lac Magog devient, dans les années 1880, un lieu prisé par la bourgeoisie francophone pour y bâtir un chalet plus ou moins cossu. Le secteur se développe alors que plusieurs familles sherbrookoises partent pour quelques semaines se tremper les orteils dans la rivière Magog durant la saison estivale. Toutefois, tous n’ont pas la volonté – ou les moyens – de posséder une propriété riveraine : certains préfèrent séjourner à l’hôtel. Le Lake Park Hotel, d’abord ouvert sous le nom d’hôtel Gosselin en 1893, est le premier établissement hôtelier à être construit sur les rives du petit lac Magog. Le lieu offre aux vacanciers la possibilité, entre autres, de profiter de la plage, d’une glissade, d’un terrain de tennis et, pour les plus frileux, d’un foyer dans un grand salon. En fait, la villégiature est un moteur économique déterminant, durant des décennies, pour la municipalité de Petit-Lac-Magog, laquelle prend le nom de Deauville en 1945.

Outre le Lake Park (1912-1970), le Manoir du Lac (1936-1964) et l’Auberge des pins (1947-1981) servent une clientèle de plus en plus variée à mesure que les travailleurs obtiennent des vacances payées, mais aussi au fil du développement des transports (train, routes adéquates pour les voitures et les autobus). Construite en 1947, l’Auberge des pins mise sur une allure rustique et pittoresque pour charmer les vacanciers et les touristes.

Mais pas besoin de faire une expédition parfois hasardeuse en voiture ou de prendre le train pour aller « en vacances »! Au début des années 1920, un lieu de villégiature est aménagé non loin du Sherbrooke urbain, également sur les rives de la Magog. Situé près des plages Jacques-Cartier et Saint-Esprit (actuelle plage Blanchard), Armitage’s Cabins jouit d’une grande popularité au cours des années 1940 et 1950. Le site composé d’une trentaine de petits chalets possède également une piscine où les vacanciers peuvent se rafraîchir, ainsi qu’un restaurant. Rappelons qu’à l’époque, le secteur des chemins de Montréal (rue King Ouest) et d’Orford (boulevard Jacques-Cartier) est encore très boisé et peu habité, même si l’expansion urbaine gagne lentement, mais sûrement du terrain. Dans les années 1960, les petits chalets sont remplacés par un établissement hôtelier, l’Armitage Motel, dont le nom est francisé pour le Motel Ermitage en 1968. Le terrain est vendu en 2011 pour faire place au projet de la Cité du Parc.

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