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Le sanctuaire de Beauvoir: entre prières, recueillement et lieu enchanteur

24 juillet 2020

Lieu de pèlerinage catholique populaire, le Sanctuaire de Beauvoir met en valeur la dévotion au Sacré-Cœur depuis un peu plus d’un siècle. En plus de contribuer à enrichir le patrimoine bâti du Québec et de la région, avec ses deux chapelles et son église, le lieu s’inscrit également dans le patrimoine immatériel sherbrookois du fait des diverses pratiques et des rites liés à la dévotion mariale qui l’empreignent.

C’est au début du 20e siècle que l’abbé Joseph-Arthur Laporte tombe sous le charme de la côte de Beauvoir. Situé au sommet d’une colline surplombant la ville, le site offre une vue panoramique imprenable sur la vallée de la rivière Saint-François. Plusieurs années plus tard (1915), il achète deux hectares de terres et y édifie une statue du Sacré-Cœur. Rapidement, les habitants du secteur prennent l’habitude de venir s’y recueillir le dimanche. Durant l’été 1920, une petite chapelle est construite en pierres des champs : les cultivateurs et habitants des environs donnent temps, pierres et matériaux pour mener à bien le projet. Au décès de l’abbé Laporte, le site est abandonné et finalement vendu vers 1929. C’est l’abbé Pierre-Achille Bégin, frère du nouveau propriétaire, qui redonne vie au lieu et prend en charge les célébrations pour les pèlerins.

Une deuxième fondation

Dans les années 1940, le chemin cahoteux menant au Sanctuaire laisse place à une route bien mieux entretenue, laquelle permet une meilleure accessibilité aux pèlerins, touristes et promeneurs désirant se recueillir ou profiter de la quiétude du lieu. Depuis l’érection de la petite chapelle de pierres brutes en 1920, plusieurs éléments se sont ajoutés, notamment une croix de bois marquant le début de la montée du Rosaire. En 1942, le Sanctuaire est acheté par l’abbé Gérard Cambron qui en gère les activités durant quelques années : il est considéré comme le deuxième fondateur de Beauvoir. En fait, dès 1944, la congrégation des Filles de la Charité du Sacré-Cœur rachète le lieu. Elle y établit le secrétariat des œuvres du Sacré-Cœur du diocèse de Sherbrooke. Durant les années qui suivent, des membres de la congrégation assurent l’entretien et la gestion du lieu, en plus d’accueillir les dévots. Un couvent est également construit sur la colline, ainsi qu’une nouvelle église de 500 places assises (1945).

En 1948, c’est au tour de la congrégation des Assomptionnistes de s’installer au Sanctuaire et de prendre la responsabilité de la mise en valeur du lieu et d’en assurer la pérennité. Elle y reste durant 47 ans. Pendant presque un demi-siècle, le Sanctuaire de Beauvoir se développe considérablement : on y ajoute entre autres un chemin de croix et une chapelle en plein air (1950), ainsi qu’un ensemble de statues formant une marche évangélique (1960-1968). Les diverses améliorations visent à parfaire l’expérience des fidèles toujours plus nombreux au fil des ans. Dans les années 1940 et 1950, les groupes organisés sont déjà très présents sur le site : certains viennent d’autres régions du Québec, alors que d’autres sont en fait des groupes d’employés d’industries ou des membres d’organismes de la région comme la Kayser ou encore le cercle Marguerite Bourgeoys.

Un intérêt toujours bien présent

L’année 1996 voit arriver les pères maristes pour poursuivre l’œuvre. Les améliorations et le développement du site se poursuivent et touchent tant les sentiers que les lieux de prières et les monuments. Venus pour un mandat de 10 ans, les pères maristes sont au Sanctuaire depuis presque 25 ans : vieillissants, les membres de la communauté annoncent en 2020 qu’ils souhaitent maintenant tirer leur révérence, mais espèrent que le lieu pourra poursuivre sa vocation.

Bon an mal an, ce sont environ 5 000 pèlerins qui viennent profiter du site du Sanctuaire de Beauvoir et s’y recueillir. Cet intérêt continu depuis des décennies permet à l’ethnologue Marie-Blanche Fourcade d’affirmer en 2016 que « par son histoire, ses bâtiments, les différentes communautés qui se sont succédé à la gestion du site, par le culte auquel il est dédié, par les traditions de dévotion qui ont été mises en place ainsi que par l’afflux constant de pèlerins et de touristes qui animent le site tout au long de l’année, et plus particulièrement à la saison estivale, le Sanctuaire de Beauvoir témoigne de pratiques religieuses locales ancrées dans la communauté », et ce, depuis maintenant un siècle.

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