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Nouvel ajout au Fonds de la famille Echenberg

12 mars 2020

En 2019, le Musée d’histoire de Sherbrooke fait l’acquisition de nouvelles archives venant bonifier le fonds de la famille Echenberg. Famille juive d’origine ukrainienne, les Echenberg s’avèrent très actifs tant économiquement que socialement dans le Sherbrooke de la première moitié du XXe siècle. Moses Echenberg, patriarche de la famille, arrive le premier au Canada en 1886 après avoir quitté sa terre natale d’Ostropol en Ukraine suivi, un an plus tard, de sa fiancée Leah Smith. Les jeunes mariés s’installent à Sherbrooke en 1893, pavant la voie à plusieurs autres familles juives qui vont élire domicile dans la Reine des Cantons-de-l’Est.

Le fonds de la famille Echenberg regroupe principalement des photographies, des cartes postales et des documents textuels issus de cette branche de la famille composée des premiers immigrants d’Ostropol. Outre des photographies de la famille, de leur histoire commerciale ou de réunions à la synagogue de Sherbrooke, rue Montréal, le fonds regroupe de magnifiques photographies de la Première guerre mondiale, notamment des documents appartenant à Rebecca alors infirmière de guerre. Ces documents très précieux en raison de leur état, permettent de poser un regard sur les activités d’une jeune femme au XXe siècle, alors qu’elle s’implique dans ce conflit mondial tout en mettant en lumière le quotidien dans le camp de Brighton.

Même si les photographies sont magnifiquement conservées, il reste que c’est son journal personnel qui vole la vedette. En effet, Becky y note ses pensées et ses journées éreintantes passées au soin des malades et blessés. Elle y raconte notamment, la traversée transatlantique et ses journées au Brindley Heath Hospital de Cannock Chase en Angleterre. Mine d’informations sur la réalité des infirmières stationnées en Grande-Bretagne durant la Première guerre, le journal de Becky Echenberg permet aussi d’avoir accès aux pensées et intérêts de la jeune femme de 25 ans dont le séjour en Angleterre est aussi rythmé par de nombreux pique-niques, de courts séjours à Brighton et à Londres, par des échanges de lettres avec des parents et amis et par de nombreuses amitiés créées avec des infirmières, des religieuses et des soldats issus des quatre coins du monde.

Si l’implication de Rebecca Echenberg dans la Guerre de 1914-1918 demeure fascinante, sa vie en soi mérite d’être connue au même titre que celles des autres générations de femmes de la famille Echenberg. De Leah Smith qui quitte Ostropol pour Sherbrooke, fuyant les pogroms et persécutions d’Europe de l’Est à Ruth Echenberg Tannenbaum, récipiendaire d’un certificat de bravoure en 1939 et étudiante impliquée de Bishops et McGill devenue travailleuse sociale, les petites et grandes histoires ne manquent pas chez cette famille qui a laissé sa marque dans l’histoire de Sherbrooke.

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