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Chronique

18 Avril 1940 – Le Québec accord le vote aux femmes au niveau provincial

17 avril 2020

Alors que les femmes obtiennent le droit de vote à travers le Canada à partir de 1916 (Manitoba), les Québécoises espèrent toujours, vingt ans plus tard, un dénouement en leur faveur pour l’égalité politique provinciale. Au début du 20e siècle, au Québec, les revendications féministes s’articulent autour des associations de bienfaisance. Les femmes de la bourgeoisie anglophone tendent à s’organiser au sein de ces groupes et jettent les fondations d’un mouvement idéologique. C’est l’espace public qui est au cœur de leurs préoccupations, y compris la place qu’elles y occupent. Au-delà du droit de vote, elles aspirent à des emplois spécialisés, à une éducation supérieure ainsi qu’à l’égalité des droits. Les francophones joignent leur voix timidement puisqu’elles ont de la difficulté à faire concorder leur religion avec leurs aspirations nationales et revendicatrices. Il faut savoir que, pour le clergé catholique, ces revendications détournent « la femme » de son rôle d’épouse et de mère. Ainsi, le mouvement des suffragettes s’élabore autour de deux grandes associations; le Comité provincial pour le suffrage féminin (1922), fondé par Thérèse Casgrain et Marie Gérin-Lajoie, qui deviendra la Ligue des droits de la femme, et l’Alliance canadienne pour le vote des femmes au Québec (1927), fondée par Idola Saint-Jean. Ces femmes travaillent de manière acharnée pour le droit de vote sur la scène politique pendant des décennies.

Si le combat se joue sur plusieurs fronts, chaque année, des femmes se rendent sur la colline parlementaire pour faire valoir leurs droits. Elles se butent toutefois au refus constant de la part de l’appareil politique, enraciné dans la religion et la tradition. À la fin des années 1920, le premier ministre Taschereau, désireux d’apaiser les féministes, accepte une commission d’enquête sur les droits des femmes. Même si les demandes présentées restent conservatrices et remplies d’espoir de dénouement, la commission n’accorde que peu de gains, laissant le Code civil intact « pour l’ordre social ». Toutefois en 1938, Thérèse Casgrain, alors épouse du président des communes et vice-présidente des Femmes libérales du Canada, fait inscrire quarante femmes à la convention du parti libéral. Ensemble, elles réussissent à faire ajouter au programme le droit de vote féminin. L’année suivante, lorsque des élections sont déclenchées, Adélard Godbout promet le suffrage féminin, promesse qu’il tient après sa victoire. En avril 1940, il dépose lui-même le projet de loi, après une lutte acharnée des suffragettes québécoises.

 

 

 

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