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Le patrimoine immatériel, qu’est-ce que c’est?

8 mai 2020

La notion officielle de patrimoine immatériel est récente – environ 15 ans –, même si on s’interroge sur la classification et la valeur des savoir-faire, des connaissances et d’autres éléments intangibles, mais révélateurs d’une culture, depuis les années 1970. Longtemps assimilé et réduit aux folklores, le patrimoine immatériel (re)trouve ses lettres de noblesse par suite de l’élaboration d’une définition de l’UNESCO lors de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine immatériel en 2003, ce qui le place, à juste titre, sur le même pied que les autres types de patrimoines culturels. À partir de là, il est de la responsabilité et des vouloirs des différents paliers gouvernementaux (pays, provinces, régions, villes et villages) de reconnaître et de mettre en valeur les éléments significatifs. À titre d’exemples, l’acuponcture (Chine), le Flamenco (Espagne), le Reggae (Jamaïque), le Mariachi, musique à cordes, chant et trompette (Mexique), les Géants et dragons processionnels (Belgique et France) et le Nsima, tradition culinaire du Malawi (Malawi) font partie de la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. À ce jour, le Canada n’a pas fait reconnaître d’éléments de son patrimoine culturel à ce répertoire.

Au Québec, la Loi sur le patrimoine culturel du ministère de la Culture et des Communications du Québec, publiée en 2012, ouvre la porte à la reconnaissance des différents savoir-faire distinctifs et significatifs propres à l’histoire et à la culture québécoise. Le fléché, la fabrication du Tikinagan (porte-bébé autochtone) et la pratique du canot à glace à Montmagny sont notamment inscrits au répertoire du patrimoine culturel du Québec.

LE PATRIMOINE IMMATÉRIEL SHERBROOKOIS: VARIÉ, DYNAMIQUE ET ANCRÉ DANS LE PRÉSENT 

Du côté de Sherbrooke, inspirée par ce qui est proposé par l’UNESCO et le MCCQ, la Ville adopte en 2013 la Politique du patrimoine culturel. On jette alors les bases de l’inventaire et de la reconnaissance des patrimoines immobilier (depuis 2017), mobilier (depuis 2018) et immatériel (depuis 2016). On y définit d’ailleurs le patrimoine immatériel comme ce qui « englobe un ensemble de connaissances et de savoir-faire transmis par l’apprentissage, le témoignage ou la tradition et continuellement actualisés, qui contribue au sentiment d’identité et de continuité d’un groupe ou d’une communauté ».

Les éléments du patrimoine immatériel sont donc bien vivants et se découvrent par l’observation et l’expérimentation. De ce fait, ils se transforment au contact de ceux et celles qui les pratiquent, s’ancrent dans le présent et invitent aux dialogues intergénérationnel et interculturel. Ils reflètent la spécificité des traditions et des rituels participants à construire l’identité locale et témoignent des réalités sociohistoriques passées et actuelles.

En 2016, l’ethnologue Marie-Blanche Fourcade a remis un premier inventaire des éléments du patrimoine immatériel sherbrookois. Regroupés en six catégories, 14 éléments font partie de la liste.

LA MISE EN VALEUR DU PATRIMOINE IMMATÉRIEL SHERBROOKE PAR LE MHIST 

Depuis 2017, grâce au financement provenant d’une entente de développement culturel conclue entre la Ville de Sherbrooke et le MCCQ, le Mhist a le mandat de contribuer à la mise en valeur du patrimoine immatériel sherbrookois. Plusieurs initiatives sont mises sur pied, dont la publication d’un dépliant explicatif, la présentation d’un événement à la place Nikitotek lors des Journées de la culture 2018, l’élaboration d’une programmation insérée à même celle du Festival des traditions du monde (été 2018), la participation d’André Simoneau (2019) et de Danse Trad (2018, 2019) à L’histoire fait son marché, ainsi que la présentation d’activités de contes par la Maison des arts de la parole (SSRI, novembre 2019) et de musique traditionnelle avec Yves Hélie (décembre 2020).

  

La légende de Mena’ Sen est également mise de l’avant de manière immersive dans l’exposition permanente Mémoires sherbrookoises du musée.

En cette période particulière remplie d’incertitudes, il est difficile pour le Mhist de confirmer une programmation d’ateliers, de démonstration ou de performances en public pour l’été ou l’automne 2020. Mais on ne met pas le patrimoine immatériel de côté pour autant! Au cours des prochaines semaines et des prochains mois, des textes consacrés à différents éléments du patrimoine immatériel sherbrookois seront publiés pour vous permettre de mieux connaître et apprécier ces éléments, artisans ou organismes qui proposent des savoir-faire et connaissances peu répandus, lesquels font partie de la culture et de l’héritage de notre région. Et comme ces éléments n’ont rien de statique et sont encore bien vivants, des capsules vidéo seront également produites au cours de la prochaine année, pour vous permettre de « voir en action » ces éléments du patrimoine immatériel bien de chez nous.

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